Apollonia

La cité d’Apollonia, fondée en 625 av. J.-C. par des colons de Corinthe et de Corcyre sur le territoire des Taulanti, est une cité portuaire de l’Adriatique. Elle est la première des trente cités grecque nommées d’Apollonia. Protégée au titre de monuments de la culture (UNESCO), la cité d’Apollonia et ses environs sont protégées depuis 2006 par le statut de Parc Archéologique. Son très vaste périmètre englobe la ville intra-muros, les temples de Shtyllas et d’Islamah ainsi que les nécropoles hellénistique et romaine.

Sa position géographique exceptionnelle est l’un des principaux atouts dans le choix de cet emplacement par les colons grecs. La colline domine toute la plaine environnante et la mer n’est qu’à douze kilomètres. Grâce au cours du fleuve Aoos (Vjosa) limitrophe, la cité devint un port maritime,  les navires pouvaient monter et descendre jusqu’au sud de la cité.

En 229 av-J.-C., Apollonia est sous la protection de la république romaine. En 148 av. J.-C., elle est rattachée à la province de Macédoine puis à celle d’Épire. Durant la guerre civile entre Pompée et Jules César, elle prend le parti de ce dernier qui en fait son quartier général durant les conflits.

À  l’époque impériale, Apollonia est  une cité libre. Après,  la bataille d’Actium et la victoire d’Octave sur Marc-Antoine, Apollonia qui  se trouve du côté des vainqueurs, obtient une immunité fiscale. Cicéron la qualifie alors de grande et influente cité : « urbs magna et gravis ». Après une longue et glorieuse période d’échanges et de commerce, le déclin de la cité intervient au IVème ap. J.-C. En effet, le cours du fleuve Aoos, qui assurait sa prospérité, se détourne de son cours, asséchant le port. Cette catastrophe ferait suite aux tremblements de terre qui frappent l’ensemble des Balkans durant l’antiquité tardive. Épidamne-Dyrrachium, l’actuelle Durres, située à 50 km au nord d’Apollonia, est ainsi détruite en 346  ap. J.-C. Il faut également mentionner les pillages des Wisigoths qui ravagent les Balkans et la Grèce en 375  ap. J.-C. Byllis, autre cité forte d’Illyrie, est détruite en 383 ap. J.-C.

À Apollonia, l’abandon du caniveau du secteur G est contemporain de la destruction de l’habitat, au IVème. La cité ne se relève pas des catastrophes qui la frappent, elle est  progressivement abandonnée. Au Vème s., la cité n’est plus qu’un centre épiscopal. Il faut attendre le IXème s. pour voir apparaître un monastère et, au XIIIème  s. l’édification de l’église Sainte-Marie, toujours visible et qui abrite depuis 2012 le musée archéologique. M.-H. Barrière

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